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Les diamants de la guerre ont attiré l’attention du monde entier lors du conflit extrêmement violent qui a frappé la Sierra Leone à la fin des années 90. Au cours de cette période, on estimait que les diamants de la guerre représentaient environ 4 % de la production mondiale. Des groupes rebelles ont également vendu illégalement des diamants bruts pour financer des conflits armés en Angola, au Liberia, en Côte d’Ivoire, en République Démocratique du Congo et en République du Congo (également appelée Congo Brazzaville).

 

Vous trouverez ci-dessous la liste des pays africains producteurs de diamants où des groupes rebelles ont déjà vendu des diamants pour financer un conflit armé. Ces pays sont aujourd’hui en paix – et les rebelles ne s’y livrent plus au trafic de diamants de la guerre – et participent au Processus de Kimberley.

Cliquez sur un pays pour en savoir plus sur les guerres qu’il a traversées et sur sa situation actuelle.

Angola

Democratic Republic of Congo

Sierra Leone

 

Bien que le trafic de diamants de la guerre ait été ramené à moins de 1 % de la production mondiale, certains pays africains producteurs de diamants sont encore sous le coup de sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui interdisent l’extraction et le commerce de diamants car ils ne satisfont pas aux exigences du Processus de Kimberley et ne peuvent donc pas y participer. Les diamants de ces pays représentent un très faible pourcentage de la production mondiale.

Cliquez sur un pays pour en savoir plus sur sa situation et son statut actuel.

 

Ivory Coast

Liberia

Republic of Congo (also known as Congo Brazzaville)

 

Angola

CONTEXTE


Bordé par la Namibie, la République Démocratique du Congo et la Zambie, l’Angola longe la côte Atlantique d’Afrique australe. Comptant aujourd’hui 12 millions d’habitants, cette ancienne colonie portugaise a gagné son indépendance en 1975.

Le portugais est la langue officielle de l’Angola. L’espérance de vie n’y excède pas 38 ans et la population est très touchée par les maladies infectieuses telles que le Sida, la typhoïde, la malaria et l’hépatite. Les mines terrestres posées pendant la guerre civile, qui menacent des milliers d’habitants et continuent à dégrader les terres, représentent un problème crucial pour le pays. Les premiers diamants d’Angola ont été découverts en 1912.

Dans les 40 années qui suivirent, l’industrie n’exploitait que des mines alluviales (en extrayant les diamants dans les gisements de sable, de gravier et d’argile, diamants naturellement charriés par l’érosion de l’eau et déposés le long des rives des cours d’eau, sur les côtes ou au fond de l’océan). Outre les diamants, l’Angola dispose d’un large éventail de ressources naturelles, notamment le pétrole, le minerai de fer, les phosphates, le cuivre, le feldspath, l’or, la bauxite et l’uranium. La production pétrolière et ses activités annexes contribuent pour près de la moitié du PIB et représentent 90 % des exportations de l’Angola.

 

LES GUERRES CIVILES ET LES DIAMANTS


Après son indépendance, le pays a traversé une période d’instabilité liée à plusieurs guerres civiles opposant deux mouvements armés – l’UNITA et le MPLA – pendant 27 ans. Ces conflits, qui ont fait 1,5 million de morts, ont débuté en 1975 et se sont terminés en 2002. Pendant les guerres civiles qui ont frappé l’Angola, des groupes rebelles ont vendu des diamants pour financer leurs conflits armés (c’est ce qu’on appelle les « diamants de la guerre »). En réaction, l’ONU a appliqué en 1999 des sanctions pour éradiquer le trafic de diamants de la guerre auquel se livraient ces rebelles.

 

L’ANGOLA AUJOURD’HUI


La plupart des infrastructures angolaises ont été détruites pendant la guerre civile et n’ont toujours pas été remises en état. La moitié de la population survit de l’agriculture de subsistance. Les premières élections organisées en Angola depuis près de 30 ans ont eu lieu en 2006. Aujourd’hui, l’Angola est débarrassé des diamants de la guerre. Le pays participe au Processus de Kimberley et fournit actuellement environ 8 % de la production mondiale de diamants.

 

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République Démocratique du Congo (RDC)

CONTEXTE


La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve en Afrique centrale, au nord-est de l’Angola.

La langue officielle de RDC est le français. L’espérance de vie moyenne y est de 51 ans et le pays est largement touché par les maladies infectieuses telles que le Sida, la typhoïde, la malaria et l’hépatite. Ses ressources naturelles incluent les diamants, le cuivre, le pétrole brut, le café et le cobalt.

L’extraction artisanale (forage à petite échelle réalisé par des individus, des familles et des communautés à l’aide d’outils rudimentaires, notamment cribles et bassines) prévaut en RDC car elle est encouragée par des lois promulguées en 1981 qui obligeaient la Société Minière de Bakwanga (MIBA) à ouvrir la majorité de ses sites d’extraction aux artisans.

 

LA GUERRE CIVILE ET LES DIAMANTS


Ancienne colonie belge comptant 62 millions d’habitants, la RDC a gagné son indépendance en 1960. Quelques semaines plus tard, le pays sombrait dans la guerre civile, le colonel Joseph Mobutu s’emparant du pouvoir et se déclarant Président. Il a nationalisé l’économie et rebaptisé le pays du nom de Zaïre.

Le Président Mobutu a été renversé en 1997 lors d’une autre guerre civile qui a coûté quatre millions de morts au pays, alors renommé République Démocratique du Congo. La guerre civile a pris fin quand les factions opposées ont signé l’Accord de Lusaka en 1999. L’Assemblée Nationale a adopté une nouvelle constitution en 2005.

Pendant la guerre civile, des groupes rebelles ont vendu des diamants pour financer leurs conflits armés. En réaction, l’ONU a appliqué des sanctions pour éradiquer le trafic de diamants de la guerre auquel se livraient ces rebelles.

 

LA RDC AUJOURD’HUI


Des élections visant à former un nouveau gouvernement ont eu lieu en juillet 2006. C’était le premier vote entièrement démocratique organisé dans le pays depuis plus de 40 ans. L’économie devrait repartir dès l’installation du nouveau gouvernement.

Aujourd’hui, les contrôles internationaux ont démontré que les diamants ne servaient plus à financer la guerre civile en RDC. En 1999, la fin de la guerre a vu une résurgence de l’industrie minière, qui alimente la plupart des exportations de RDC. Le pays participe au Processus de Kimberley et fournit actuellement environ 8 % de la production mondiale de diamants.

 

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Liberia

CONTEXTE


Bordant l’Océan Atlantique nord, le Liberia se trouve en Afrique australe, entre la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone, et compte une population de 3 millions d’habitants. La langue officielle du Liberia est l’anglais, mais on dénombre 20 autres langues ethniques. L’espérance de vie y est de 39 ans, avec une prévalence du Sida/VIH de 6 %. Depuis les années 50, l’exploitation artisanale (forage à petite échelle réalisé par des individus, des familles et des communautés à l’aide d’outils rudimentaires, notamment cribles et bassines) permet d’extraire les diamants de la région de Kpo. Outre les diamants, les ressources du pays incluent le minerai de fer, le bois, l’or et l’énergie hydraulique.

 

LA GUERRE CIVILE ET LES DIAMANTS

Entre 1989 et 2003, le pays a déploré une guerre civile qui a très gravement nui à sa situation économique.

En l’an 2000, l’ONU a officiellement accusé Charles Taylor, alors Président du Liberia, de soutenir les insurgés du Sierre Leone voisin en fournissant des armes et un entraînement au FRU (Front Révolutionnaire Uni) en échange de diamants. En 2001, l’ONU a imposé des sanctions au Liberia. Taylor a démissionné de ses fonctions de Président du Liberia en août 2003 dans le cadre d’un accord de paix négocié internationalement pour mettre un terme à la guerre civile. Exilé au Nigeria en 2003, Taylor a finalement été transféré aux Pays-Bas où il comparaîtra devant la cour pénale internationale de La Haye.

Lors de sa première comparution devant le tribunal de La Haye le 21 juillet 2006, Charles Taylor a plaidé non coupable face aux 11 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


LE LIBERIA AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, le Liberia est en paix. Grâce au soutien de la Mission de l’ONU au Liberia, un nouveau Président a été élu en 2005 (Ellen Johnson Sirleaf a créé la surprise en devenant la première femme élue démocratiquement au rang de chef d’Etat d’un pays africain). Certains des hommes d’affaires qui avaient fui le pays pendant la guerre sont revenus au Liberia pour monter de nouvelles entreprises, stimulant ainsi la croissance économique de ce pays ravagé.

Le Liberia cherche actuellement à devenir membre du Processus de Kimberley, une initiative unique réunissant des gouvernements, l’industrie du diamant et des organisations non gouvernementales afin d’empêcher l’entrée des diamants de la guerre dans la chaîne d’approvisionnement légitime. Actuellement, une Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies interdit l’exportation de diamants du Liberia.

 

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Congo (également appelée Congo Brazzaville)

CONTEXTE

Bordé par l’Océan Atlantique sud, le Congo – ou République du Congo – se trouve en Afrique occidentale entre l’Angola, le Cameroun, la République centrafricaine, la République Démocratique du Congo et le Gabon. La langue officielle du Congo est le français, mais la population parle également le lingala et le monokutuba. Sa population compte actuellement 3,7 millions d’habitants, dont 70 % vivent dans la capitale Brazzaville ou dans ses environs. L’espérance de vie atteint en moyenne 52 ans et la population est largement touchée par des maladies infectieuses telles que la malaria, l’hépatite A et la typhoïde.

L’économie du Congo repose principalement sur le pétrole, mais la guerre civile a beaucoup nui aux exportations. Les autres ressources naturelles du pays incluent les diamants, le pétrole brut, l’uranium, le cuivre, l’or et le gaz naturel.

 

LA GUERRE CIVILE ET LES DIAMANTS


Ancienne colonie française, la République du Congo a gagné son indépendance en 1960. Après une période marxiste, un gouvernement pluraliste a été démocratiquement élu et instauré en 1992. Les Marxistes ont repris le pouvoir après la guerre civile de 1997, entraînant l’instabilité du pays jusqu’à ce que les groupes rebelles signent un accord de paix en 2003. La guerre a provoqué l’exode de nombreux habitants et généré une crise humanitaire qui n’est toujours pas réglée aujourd’hui.


LE CONGO AUJOURD'HUI


Actuellement, il n’y a aucune activité officielle d’exploration ou d’extraction en cours au Congo. En 2004, les autorités du Processus de Kimberley – le système conçu afin d’empêcher l’entrée des diamants de la guerre dans la chaîne d’approvisionnement légitime – ont examiné la situation du pays. Elles ont découvert que le Congo ne pouvait pas certifier l’origine d’importants volumes de diamants qu’il exportait officiellement. La République du Congo a donc été exclue de la liste des participants du Processus de Kimberley.

 

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Sierra Leone

 

CONTEXTE

Longeant l’Océan Atlantique nord, la Sierra Leone se trouve en Afrique australe, entre la Guinée et le Liberia. Cette ancienne colonie britannique, qui compte actuellement six millions d’habitants, a gagné son indépendance en 1961.

L’infrastructure économique et sociale de la Sierra Leone n’est pas bien développée. Près des deux tiers de la population survit de l’agriculture de subsistance, bien que l’extraction de diamants alluviaux (diamants présents dans les gisements de sable, de gravier et d’argile, naturellement charriés par l’érosion de l’eau et déposés le long des rives des cours d’eau, sur les côtes ou au fond de l’océan) représente près de la moitié des exportations du pays et sa source de rentrées de devises la plus importante.

La langue officielle de la Sierra Leone est l’anglais, mais seulement 30 % de ses citoyens sont instruits. L’espérance de vie moyenne est de 40 ans et le Sida/VIH touche 7 % de la population.

Les premiers diamants de la Sierra Leone ont été découverts en 1930. Outre les diamants, le pays dispose de plusieurs ressources naturelles : minerai de titane, bauxite, minerai de fer, or et chromite de fer.

Aujourd’hui en paix, la Sierra Leone exporte environ 142 millions de dollars de diamants par an.

 

LA GUERRE CIVILE ET LES DIAMANTS

Entre 1991 et 2002, la Sierra Leone a traversé une violente guerre civile pendant laquelle le Front Révolutionnaire Uni (FRU) a commis d’horribles atrocités, terrorisé la population et pris le contrôle des mines de diamants du pays.

Huit longues années de guerre ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes et un nombre inconnu de morts et de blessés. 500 000 habitants de la Sierra Leone ont été contraints de fuir leur pays. En octobre 1999, le Conseil de Sécurité de l’ONU a créé la Mission de la Sierra Leone (UNAMSIL) pour contribuer à la restauration de la paix. Au comble de la crise, l’UNAMSIL comptait 17 000 hommes et était la plus grande opération de maintien de la paix de l’ONU dans le monde. En 2001, l’accord d’Abuja a finalement permis un apaisement des hostilités et début 2002, des dizaines de milliers de combattants ont été désarmés et démobilisés. En janvier 2002, la guerre civile a pris fin et la Sierra Leone est devenu un pays démocratique.

En l’an 2000, Charles Taylor, alors Président du pays voisin – le Liberia – a été officiellement accusé par l’ONU de soutenir les insurgés en fournissant des armes et un entraînement au FRU en échange de diamants. Taylor a démissionné de ses fonctions de Président du Liberia en août 2003 dans le cadre d’un accord de paix négocié internationalement pour mettre un terme à la guerre civile. Exilé au Nigeria en 2003, Taylor a finalement été transféré aux Pays-Bas où il comparaîtra devant la cour pénale internationale de La Haye.

 

En l’an 2000, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a interdit les importations directes et indirectes de diamants bruts en provenance de la Sierra Leone et à destination des Etats membres afin de favoriser la stabilisation du pays et d’empêcher l’accès des rebelles aux devises étrangères et aux armes.

Depuis la fin de la guerre civile en 2002, l’industrie du diamant a fourni une assistance technique et une formation au Ministère des mines de la Sierra Leone pour mettre en place le Government Diamond Office – une étape importante pour devenir membre du Processus de Kimberley. En 2003, la Sierra Leone a rejoint le Processus de Kimberley, l’accord international conçu pour empêcher les diamants de la guerre de pénétrer la chaîne d’approvisionnement légitime et garantir ainsi que les diamants ne servent pas à financer un conflit armé.

 

LA SIERRA LEONE AUJOURD’HUI


La Sierra Leone est désormais en paix. Ses prochaines élections auront lieu en 2007. Aujourd’hui, les diamants constituent une ressource cruciale pour le développement du pays. La Sierra Leone participe toujours au Processus de Kimberley et a exporté environ 142 millions de dollars de diamants (soit près de 3 % de la production mondiale) en 2005. Les revenus générés par les exportations de diamants contribuent concrètement à la reconstruction de ses infrastructures, de ses services de santé et de son système d’éducation.

 

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Côte d'Ivoire

CONTEXTE

Bordée par le Ghana et le Liberia, la Côte d’Ivoire se trouve en Afrique occidentale, le long de l’Océan Atlantique nord. La Côte d’Ivoire était une colonie française jusqu’à son indépendance en 1960.

La langue officielle de la Côte d’Ivoire est le français et le pays compte plus de 17,6 millions d’habitants. L’espérance de vie y est en moyenne de 48 ans. La Côte d’Ivoire figure parmi les plus grands producteurs et exportateurs mondiaux de café, de fèves de cacao et d’huile de palme. Environ 68 % de la population dépend de l’agriculture.

 

LA GUERRE CIVILE ET LES DIAMANTS

En décembre 1999, un coup d’Etat a renversé le gouvernement et depuis, le pays est plongé dans la guerre civile. Le gouvernement central n’a toujours pas repris le contrôle des régions du nord et les tensions restent très élevées.

Pendant les années 90, à la suite d’une chute du cours du cacao, le gouvernement a décidé de se concentrer à nouveau sur le secteur minier. Ce regain d’intérêt pour l’extraction de diamants coïncidait aussi avec les guerres au Liberia et en Sierra Leone ; les exportations de diamants de Côte d’Ivoire ont alors enregistré une croissance exponentielle. Les investisseurs étrangers se sont retirés en raison de la situation politique.


LA CÔTE D’IVOIRE AUJOURD’HUI

Actuellement, un conflit à petite échelle frappe les zones d’extraction informelle des diamants au nord-est du pays. Il n’y a à ce jour aucune activité officielle/formelle d’exploration ou d’extraction en cours en Côte d’Ivoire.

En tant que petit producteur de diamants, la Côte d’Ivoire participe au Processus de Kimberley, mais a suspendu toute exportation officielle de diamants bruts afin de soutenir ses efforts visant à restaurer la stabilité sociale. En décembre 2005, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une résolution interdisant à la Côte d’Ivoire d’exporter des diamants bruts.

En octobre 2005, un rapport du Conseil de Sécurité des Nations Unies a révélé que les diamants de la guerre sortaient de Côte d’Ivoire en contrebande via le Ghana. En réaction, le Processus de Kimberley a établi un plan d’action pour le Ghana, à finaliser le 14 février 2006. Ce plan prévoit que les experts dépêchés par le Conseil mondial du diamant confirment que les diamants exportés depuis le Ghana au cours de cette période d’inspection intensive ne sont pas d’origine ivoirienne. Il inclut également des mesures de sécurité supplémentaires pour le centre d’affaires, notamment une présence policière accrue et une intervention étendue de l’agence gouvernementale ghanéenne pour garantir l’intégrité des exportations de diamants, entre autres. En février 2007, le Processus de Kimberley enverra une équipe d’inspection au Ghana pour suivre les progrès réalisés dans le cadre du plan d’action.

 

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